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Malgré tout ce que peut clamer la propagande chinoise, le Tibet n’est pas une province heureuse de la Chine. L’envahissement de ce pays libre, en 1950, par l’armée rouge
chinoise a été plus que sanglant, et l’occupation, depuis plus de 50 ans, ne l’est pas moins...
Génocide humain
Le peuple Tibétain a tout d’abord subi un Génocide Humain. Plus de 1.2 million de morts entre 1950 et 1976, soit un cinquième de la population totale du pays dont :
- 342 970 morts de famine
- 432 705 tués au combat
- 173 221 morts en prison ou en camps de travail
- 156 758 exécutés
- 92 731 morts sous la torture
- 9 002 suicidés
Génocide culturel
Depuis près de 40 ans les Tibétains sont victimes d’une colonisation intensive par les Chinois. Il s’agit d’une politique officielle systématique du gouvernement chinois,
destinée à diluer le peuple tibétain dans une mer de colons chinois.
Ces transferts massifs de population menacent la survie même de la nation et du peuple tibétain sur son propre sol. Actuellement, il y a plus de 7,5 millions de Chinois au
Tibet contre 6 millions de Tibétains. A Lhassa, plus des trois quarts de la population est chinoise.
Cette sinisation du Tibet risque de s’accentuer encore plus avec la construction d’un Chemin de Fer reliant Gormo à Lhassa, et permettant l’arrivée au Tibet de plusieurs
milliers de colons chaque semaine.
Parler Tibétain a été interdit puis mal vu. Le mandarin est devenu la langue officielle. Les jeunes enfants tibétains n’ont plus accès à l’éducation traditionnelle et
l’écriture tibétaine est menacée de disparition.
L’identité tibétaine, via la culture et la religion, est la cible des attaques de Pékin : l’interdiction de posséder un drapeau du Tibet, une photo du Dalaï Lama ou de
chanter l’hymne tibétain, la transformation de temples en latrines publiques ou en supermarchés… Toutes ces oppressions visent à faire oublier aux Tibétains qui ils
sont.
Le Tibet a payé un lourd tribut à la révolution culturelle (1966 /1976) : dans les monastères (détruits ensuite) , des moines et nonnes ont subi des violences sexuelles et
ont été contraints de regarder les gardes rouges utiliser leurs textes sacrés comme papier hygiénique. Des trésors millénaires (statues, objets rituels en or…) ont été
envoyés dans les usines chinoises pour y être fondus en lingots. D’autres antiquités ont été et sont encore vendues à des collectionneurs, en Chine et dans le monde. En 1949
il y avait près de 6000 temples au Tibet. Aujourd’hui, seulement 6 ont survécu.
L’architecture traditionnelle a fait place aux constructions de béton et d’acier. Après avoir détruit les monastères, les autorités chinoises ont décidé d’en rénover
certains, transformés en “musée de la spiritualité”, ceci dans l’unique but d’attirer les touristes et de faire croire que tout se passe pour le mieux au Tibet, où “Le
gouvernement Chinois attache une grande importance à préserver la culture Tibétaine”.
Des centaines de restaurants et de commerces ont été ouverts à Lhassa et dans les grandes villes tibétaines. Maisons de passe, casinos et bars karaokés fleurissent à tous
les coins de rue. Les autorités chinoises espèrent ainsi dévoyer les jeunes Tibétains et ruiner leurs liens familiaux, sociaux et culturels.
L’alcool et les cigarettes sont parmi les produits les moins chers à Lhassa. De plus en plus associée à des valeurs passéistes, la spiritualité est remplacée par le culte de
la consommation et du capitalisme à outrance.
Génocide humain
Dans la quasi indifférence générale, le pays le plus peuplé de la Terre, membre permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies, signataire de la Déclaration Universelle
des Droits de l’Homme et de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant continue à violer impunément les droits humains les plus élémentaires.
Le génocide tibétain et l’occupation illégale du Tibet par la Chine sont reconnus par la commission internationale des juristes. Depuis le 28 juin 2005, l’ancien président
Chinois Jiang Zemin, l’ancien premier ministre Li Peng et cinq autres dirigeants chinois sont poursuivis devant la Cours Nationale espagnole pour crime contre l’humanité,
torture et terrorisme contre le peuple tibétain.
Des résolutions ont été prises par les Nations Unies en 1959, 1961 et 1965. Elles ne sont toujours pas appliquées en l’an 2005…
Assassinats, enlèvements, arrestations arbitraires, viols, stérilisations forcées des femmes sont le lot quotidien des Tibétains depuis près de 50 ans.
Au Tibet comme en Chine, il n’y a aucune liberté d’expression : la presse est censurée ou contrôlée par le Parti, les cybercafés ferment par dizaines et la Chine est devenue
la plus grande prison de cyberdissidents (voir le rapport de Reporters sans Frontières à ce sujet).
La torture est également monnaie courante dans les prisons tibétaines. L’objectif est de briser le moral des prisonniers, de les déshumaniser et d’anéantir leur volonté de
continuer toute activité politique. Les interrogatoires comprennent entre autres les techniques suivantes : décharges de matraques électriques, coups de barres de fer, coups
de crosse de fusil, introduction de baguettes sous les ongles, application de pelles brûlantes sur le corps, eau bouillante déversée sur la tête des prisonniers, exposition
à des températures extrêmes, privation de sommeil, de nourriture, d’eau…
Et la liste n’est pas exhaustive.
Des équipes de travail chinoises mènent régulièrement des sessions de “rééducation politique” (thamzing) dans les monastères. Lors de ces sessions, on cherche à contraindre
les nonnes et les moines à renier le Dalaï Lama, à leur faire apprendre l’histoire tibétaine selon la version chinoise et à empêcher tout mouvement de libération du
Tibet.
Enfin, des dispositifs de surveillance (vidéo, policiers en civil et collaborateurs) empêchent toute tentative de manifestation ou tout acte de dissidence organisée. En
1999, on dénombrait plus de 615 prisonniers politiques au Tibet, dont 62 ayant passé plusieurs années en prison. Leurs crimes : détenir une photo du Dalaï-lama, agiter le
drapeau national tibétain, crier « Tibet libre » lors de manifestations pacifiques, coller quelques affiches sur les murs, traduire en tibétain le texte de la Déclaration
Universelle des Droits de l’Homme ou simplement parler de la situation des droits de l’homme au Tibet à des touristes ou à des journalistes étrangers…
Témoignage de Palden Gyatso
Âgé de vingt-huit ans lors de son arrestation, Palden Gyatso ne fut libéré qu’en 1992, alors qu’il avait presque soixante ans. Il vit désormais à Dharamsala, dans le Nord de
l’Inde.
Depuis qu’il a fui le territoire occupé du Tibet, en 1992, il a voyagé en Europe et aux Etats-Unis avec Amnesty International et d’autres organisations de défense des droits
de l’homme. En 1995, il témoigna devant la Commission des droits de l’Homme des Nations unies.
Voici son témoignage : “Il s’était rapproché du râtelier à matraques. Il en sélectionna une, plus courte, d’une trentaine de centimètres de long, et la brancha afin de la
recharger. Il y eut des étincelles accompagnées de crépitements. “Pourquoi es-tu ici ?” poursuivit-il. “Parce que j’ai placardé des affiches à Lhassa réclamant
l’indépendance du Tibet.” “Alors tu veux toujours Rang-tsèn* ?” demanda-t-il d’un ton plein de défi. Il n’attendit pas ma réponse. Il débrancha la matraque électrique et
commença à me titiller ici et là avec son nouveau joujou. A chaque décharge, je tressaillais des pieds à la tête
Puis tout en criant des obscénités, il m’enfonça la pointe dans la bouche, la sortit, l’enfonça de nouveau. Il retourna ensuite près du mur et en choisit une plus longue.
J’avais l’impression que mon corps se désintégrait. Je me rappelle vaguement qu’un des gardes fourra ses doigts dans ma bouche pour me tirer sur la langue afin de m’empêcher
d’étouffer. Il me semble aussi qu’un des Chinois présents, écoeuré, sortit précipitamment de la pièce.
Je me souviens comme si c’était hier des vibrations qui me secouaient tout entier sous l’effet des décharges : le choc vous tenait sous son emprise, pareil à un violent
frisson. Je sombrai dans l’inconscience et, en me réveillant, je découvris que je gisais dans une mare de vomissures et d’urine. Depuis combien de temps étais-je là ? Je
n’en avais pas la moindre idée. J’avais la bouche enflée, je pouvais à peine bouger la mâchoire. Au prix d’une souffrance indicible, je crachai quelque chose : trois dents.
Plusieurs semaines s’écouleraient avant que je puisse à nouveau manger des aliments solides. En définitive, je perdis toutes mes dents.”
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